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Nathan FainsConsultant fondateur · Saint-Lô

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03 Marché

Prix de l'électricité professionnel en 2026 : ce que vous payez vraiment.

Le prix du kWh affiché sur une offre ne dit presque rien de ce que vous paierez. En 2026, trois choses ont bougé en même temps : la fin de l'ARENH, la hausse de l'acheminement au 1er août, et le marché de gros, qui a pris 24 % en six semaines sur l'année 2027.

La réponse courteEn 2026, le prix de l'électricité d'une entreprise est la somme de six parts, dont trois seulement se négocient : l'abonnement fournisseur, la fourniture et les obligations. L'acheminement et les taxes sont identiques chez tous les fournisseurs. Sur le marché de gros, l'électricité livrée en 2027 est passée de 66,07 à 82,12 €/MWh entre le 29 juillet et le 7 septembre 2026. Il n'existe donc pas un prix du kWh professionnel : il existe le prix de votre profil de consommation, à la date où vous signez.

Quand un dirigeant me demande « combien coûte le kWh pour un professionnel en 2026 ? », il attend un chiffre. Je lui réponds par une question : sur quelle partie de la facture ? Parce que le chiffre qu'on lit sur une offre commerciale n'est presque jamais celui qu'on paie.

Les six parts du prix du kWh

Tous les fournisseurs facturent les mêmes six parts. Trois se négocient, trois non.

PartCe que c'estSe négocie ?
Abonnement fournisseurLes frais fixes et la rémunération du fournisseurOui
FournitureL'énergie elle-mêmeOui
ObligationsLa garantie de capacité et les certificats d'économies d'énergie : imposés par l'État, mais tarifés par chaque fournisseurOui
Garanties d'origineL'option « électricité d'origine renouvelable »Oui (option)
AcheminementL'utilisation des réseaux, fixée par la Commission de régulation de l'énergieNon, identique partout
Taxes et contributionsReversées à l'ÉtatNon, identiques partout

La nuance qui coûte le plus cher : les obligations ne sont pas des taxes. Beaucoup de dirigeants les rangent avec la fiscalité et concluent qu'on n'y peut rien. C'est faux. C'est du prix d'énergie, et d'un fournisseur à l'autre, l'écart est réel.

Pourquoi le prix affiché vous trompe.

Les fournisseurs facturent les mêmes parts, mais ils ne les présentent pas de la même façon. L'un regroupe fourniture et obligations sur une seule ligne. L'autre les détaille sur trois. Un troisième intègre l'acheminement à son prix, un quatrième le facture en plus.

Sur un dossier traité fin 2025, le fournisseur en place affichait 17,73 c€/kWh en heures pleines. Le concurrent affichait 13,84 c€. À première vue, 22 % d'écart. Une fois les obligations ajoutées des deux côtés, on comparait en réalité 18,66 c€ à 15,09 c€. L'écart restait solide, mais ce n'était plus le même.

Le réflexe à retenir. Quand un fournisseur vous annonce un prix, posez deux questions : les obligations sont-elles incluses ? Et l'acheminement ? Sans ces deux réponses, vous ne pouvez comparer aucune offre.

Ce qui a changé en 2026.

La fin de l'ARENH

Depuis 2011, les fournisseurs pouvaient acheter une partie de la production du parc nucléaire historique à un prix régulé, fixé à 42 €/MWh depuis 2012. Ce dispositif, l'ARENH, a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs s'approvisionnent sur le marché ou avec leurs propres moyens de production : le prix de gros devient la référence de la part fourniture.

Le relais s'appelle le versement nucléaire universel. Il ne fixe pas de prix. Il prélève une partie des revenus de ce parc nucléaire quand ils dépassent 78 €/MWh, puis la redistribue aux consommateurs. La CRE a estimé ces revenus à 65,86 €/MWh pour 2026 : c'est sous le seuil, donc aucune redistribution n'est attendue cette année.

L'acheminement, au 1er août

Le tarif d'acheminement a augmenté de 3,04 % en moyenne pour les sites raccordés en basse et moyenne tension. Il s'applique aussi aux contrats à prix fixe : un prix fixe fige la fourniture, pas le réseau. J'ai détaillé ce point dans l'article sur le TURPE 2026.

Le tarif réglementé des TPE

Le tarif réglementé professionnel a évolué de +2,93 % HT au 1er août 2026. Il reste réservé aux entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le bilan ne dépassent pas 2 millions d'euros.

Les taxes

L'accise sur l'électricité des sites jusqu'à 36 kVA est passée de 30,85 à 30,62 €/MWh au 1er août 2026. Elle est identique chez tous les fournisseurs : on ne la met jamais dans une comparaison d'offres.

Le marché de gros : +24 % en six semaines.

Je relève moi-même les cotations de fin de séance, plusieurs fois par semaine. Le 29 juillet, l'électricité française livrée sur toute l'année 2027 cotait 66,07 €/MWh. Le 7 septembre : 82,12 €/MWh. Sur la même période, l'année 2028 est passée de 52,26 à 58,25 €/MWh.

Électricité France, livraison en base · €/MWhLivraison 2027Livraison 2028
4560759029 juil.18 août7 sept. 82,1258,25
Prix de gros de l'électricité française livrée en base sur toute l'année 2027 et 2028, cotations de fin de séance EEX relevées par FENER du 29 juillet au 7 septembre 2026. Hors acheminement, taxes, obligations et marge du fournisseur.

Pour situer : en avril 2025, la CRE constatait que les prix à terme tournaient autour de 60 €/MWh pour 2026, 2027 et 2028, et que les entreprises pouvaient bloquer ce niveau sur trois ou quatre ans.

Deux précautions. Ce sont des prix de gros : ils ne contiennent ni acheminement, ni taxes, ni obligations, ni marge du fournisseur. Et ils ne disent rien de la suite. Personne ne sait si 2027 cotera plus ou moins cher dans trois mois. C'est précisément pour cette raison qu'on sécurise un prix, au lieu de le parier.

Pourquoi deux entreprises ne paient pas le même prix.

Deux entreprises qui consomment le même volume annuel ne paient pas le même prix. Un fournisseur achète son électricité à l'avance, par blocs. Pour coter un compteur, ses acheteurs regardent quand les kWh sont appelés, pas seulement combien.

  • Un profil plat, régulier toute l'année, se couvre avec des blocs simples. C'est le moins cher à approvisionner.
  • Un profil pointu, concentré sur l'hiver et les heures pleines, oblige à acheter des blocs de pointe, les plus chers du marché.
  • Un profil de nuit, majoritairement en heures creuses, est en général bien coté.

Conséquence pratique : envoyer une puissance et un volume annuel, c'est demander un prix de grille. Envoyer l'historique mensuel et la répartition entre heures pleines et heures creuses, c'est demander une vraie cotation.

Ce que je regarde en premier sur une facture.

  1. La date de fin d'engagement et le préavis. Ils décident de quand vous pouvez agir. Voir comment calculer votre date limite.
  2. La puissance souscrite, comparée à ce que le site appelle réellement.
  3. L'option tarifaire : base, heures pleines et heures creuses, ou quatre plages.
  4. Les prix unitaires de chaque plage et l'abonnement, remis sur une base comparable.
  5. L'historique de consommation sur douze mois, pour reconstituer le profil.
  6. Ce que le contrat bloque et ce qu'il laisse révisable.

C'est la base de l'audit de factures que je réalise avant toute mise en concurrence. Pour un exemple concret, ligne par ligne, lisez l'étude de cas d'un magasin de la Manche.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen du kWh pour un professionnel en 2026 ?

Il n'existe pas de prix moyen utile. Le prix dépend de votre puissance, de votre profil de consommation, de la date de signature et de ce que le contrat inclut. Comme repère de marché, l'électricité livrée en 2027 cotait 82,12 €/MWh sur le marché de gros le 7 septembre 2026, hors acheminement, taxes, obligations et marge du fournisseur.

La fin de l'ARENH fait-elle augmenter ma facture ?

L'ARENH permettait aux fournisseurs d'acheter une partie de la production nucléaire historique à 42 €/MWh. Depuis le 1er janvier 2026, la part fourniture suit le marché de gros. L'effet sur votre facture dépend du prix auquel votre fournisseur s'est couvert et de la date de votre contrat, pas d'une hausse automatique.

Mon contrat à prix fixe me protège-t-il des hausses de 2026 ?

Il protège la fourniture pour la durée du contrat. L'acheminement et les taxes continuent d'évoluer, et certaines obligations peuvent être révisées selon les conditions de votre offre.

Mon entreprise peut-elle bénéficier du tarif réglementé ?

Oui si elle emploie moins de 10 salariés et que son chiffre d'affaires, ses recettes ou son bilan ne dépassent pas 2 millions d'euros. Le tarif réglementé se compare à part : il est révisé par les pouvoirs publics et ne se décompose pas comme une offre de marché.

Faut-il signer maintenant ?

Je ne prédis pas le marché. La bonne question est la date de fin de votre contrat : dans les douze à quatorze mois qui la précèdent, vous pouvez obtenir des cotations et choisir votre moment.