La question qu'on me pose le plus souvent en rendez-vous n'est pas « combien ? ». C'est « fixe ou indexé ? ». La réponse commence toujours par lire ce que le mot « fixe » recouvre dans le contrat qu'on vous propose.
Ce qu'un prix fixe bloque vraiment.
| Composante | Prix fixe | Prix indexé |
|---|---|---|
| Fourniture | Bloquée pour la durée du contrat | Suit un indice de marché |
| Obligations (capacité, économies d'énergie) | Souvent révisables, parfois plafonnées | Répercutées |
| Acheminement | Répercuté, sauf clause écrite contraire | Répercuté |
| Taxes | Répercutées | Répercutées |
Lisez les petits caractères. Certaines offres fixent un montant additionnel maximum pour les composantes révisables. Sur une grille relevée le 9 septembre 2026, les obligations partaient de 1,438 c€/kWh avec un plafond à 2,070 c€, et les garanties d'origine de 0,214 c€ avec un plafond à 0,856 c€. Soit jusqu'à 1,274 c€/kWh de hausse possible sur un prix présenté comme fixe.
Ce que 2026 a rappelé.
En mars 2026, pendant les tensions au Moyen-Orient, j'ai conseillé à plusieurs dirigeants de bloquer leur prix, au niveau qu'ils payaient déjà. Beaucoup ont préféré attendre que ça se calme.
Entre le 29 juillet et le 7 septembre, l'électricité française livrée en 2027 est passée de 66,07 à 82,12 €/MWh sur le marché de gros. Le gaz livré en 2027 sur le hub français, de 42,18 à 53,41 €/MWh. Ceux qui avaient sécurisé leur fourniture pour 2027 ne verront pas cette hausse sur cette part de leur facture. Les autres la retrouveront dans leur prochaine offre.
Je ne raconte pas ça pour dire que j'avais vu juste sur la direction. Je n'en savais rien, et personne ne le savait. C'est exactement pour cette raison qu'on sécurise : pour ne plus dépendre d'une prévision.
Comment choisir selon votre entreprise.
| Votre situation | Ce que je recommande en général | Pourquoi |
|---|---|---|
| TPE, commerce, artisan, marge serrée | Prix fixe | Une hausse non budgétée pèse directement sur la trésorerie |
| PME avec un budget annuel voté | Prix fixe sur l'horizon du budget | L'énergie devient une ligne connue à l'avance |
| Gros consommateur qui suit le marché | Achat en plusieurs fois ou offre mixte | Lisser le prix d'entrée plutôt que tout jouer sur un seul jour |
| TPE éligible au tarif réglementé | Comparer avec le tarif réglementé | Tarif révisé par les pouvoirs publics, à comparer en bloc et à part |
Le tarif réglementé est réservé aux entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le bilan ne dépassent pas 2 millions d'euros. Il ne se compare pas ligne à ligne à une offre de marché : un tarif révisable coûte souvent moins cher aujourd'hui qu'un prix figé trois ans, comme un taux variable face à un taux fixe. La question est alors la révision, pas le prix du jour.
1, 2, 3 ou 4 ans ?
Une durée longue n'est pas meilleure en soi. Elle n'a de sens que si le prix des années les plus lointaines est raisonnable.
Le 7 septembre 2026, le marché de gros cotait l'électricité à 82,12 €/MWh pour 2027, 58,25 pour 2028 et 55,55 pour 2029. Sur le gaz, la pente est plus marquée : 53,41 €/MWh pour 2027, 34,48 pour 2028, 27,59 pour 2029. Le marché paie une tension sur l'année prochaine et une détente ensuite. C'est une photographie, pas une prévision, mais elle change la façon de construire une durée.
Au-delà de trois ou quatre ans, restez prudent : la CRE constatait en 2025 que les échanges restaient limités sur l'échéance à quatre ans, et faibles à cinq ans. Moins d'échanges, c'est un prix moins bien formé.
Le point mort, la question honnête.
La bonne question n'est pas « quelle offre est la moins chère aujourd'hui ? ». C'est « à partir de quelle hausse annuelle l'offre la plus chère devient-elle gagnante ? ».
- Un point mort à 3 ou 4 % par an se défend : c'est une assurance à prix raisonnable.
- Au-delà de 10 % par an, vous n'achetez plus une protection, vous achetez un pari. Je vous le dis, ou je ne présente pas l'offre.
Et si vous êtes déjà engagé à prix fixe alors que les prix baissent, lisez ce que coûte une sortie anticipée avant de décider. Pour voir la méthode appliquée, découvrez comment se déroule une renégociation.
Questions fréquentes
Un prix fixe me protège-t-il de toutes les hausses ?
Non. Il bloque la fourniture. L'acheminement et les taxes suivent les décisions publiques, et certaines obligations peuvent être révisées dans la limite prévue par le contrat.
Peut-on sortir d'un prix fixe si les prix baissent ?
C'est possible, mais des frais de résiliation anticipée peuvent s'appliquer. Chiffrez-les avant de décider : ils absorbent souvent l'écart de prix.
Le prix indexé est-il toujours plus risqué ?
Pour une petite entreprise sans suivi du marché, en général oui : les hausses arrivent directement sur la facture. Pour un gros consommateur qui achète en plusieurs fois, l'indexation peut se défendre.
Quelle durée choisir pour un contrat à prix fixe ?
Celle qui correspond à votre horizon de visibilité, à condition que le prix des années les plus lointaines reste raisonnable. La forme de la courbe des prix à terme au moment de signer compte autant que la durée.
Mon entreprise est éligible au tarif réglementé : est-ce le meilleur choix ?
Pas forcément. Le tarif réglementé se compare à part, en bloc, face au total d'une offre de marché. Son intérêt dépend de la révision que vous êtes prêt à accepter.


